Les couvents au XVIIIème siècle

Il s'agit cette fois-ci et avant tout de nous familiariser avec ces établissements très respectables pour jeunes filles afin de voir ce qui attend vos PJ si vous les mettez au couvent.

Au XVIIIème siècle, l'éducation des filles de la bonne société (Noblesse et Bourgeoisie) se fait en majorité au couvent. Considérées comme devant faire les "délices de la société par leur charme et leur esprit", les filles y sont coupées du monde extérieur et souvent, soumises à une discipline très stricte.On leur y enseigne un minimum de connaissances pratiques et religieuses dans le but d'en faire des épouses et des mères de compagnie agréable. La littérature romanesque a fait du couvent un lieu d'intrigues et de faits étranges ou scandaleux: complots ourdis par des gens haut placés, lieu de rencontre de sociétés secrètes, messes noires, enlèvements, assassinats ou pire encore...Bien que la réalité fut toute autre, il convient de remarquer que ce genre de faits divers soit de temps en temps bel et bien arrivé au cours du XVIIème et XVIIIèmè siècle.Du point de vue ludique, les couvents étant des lieux clos et confinés, ils apparaissent comme des endroits isolés de l’extérieur et donc propice à des activités que l'on voudrait dissimuler aux yeux du reste du monde.

  D'autant plus que certaines personnalités de la cour (le roi en tête), du fait de leur rang ou bien du fait qu'elles font de larges dons à un couvent, ont a la possibilité de venir s'y retirer quand bon leur semblent. Ce genre de visites a d’ailleurs tendance à déranger l'organisation bien huilée des couvents. La présence de ce genre de personnage suffit à déclencher des intrigues, tant sentimentales que politiques.

Il est de plus possible et vivement conseillé d'utiliser les périodes troublées de l'histoire comme toile de fond à vos scénarii: les guerres ou les révolutions, en France mais aussi partout en Europe sont propices à l'enrichissement de vos parties.

Afin de vous permettre de simuler au mieux les aventures mouvementées de jeunes filles au couvent (Si ! Si ! Je dis bien mouvementées !), il convient tout d'abord d’effectuer une description de la vie dans ces honorables institutions au XVIIIème siècle. C'est à dire au temps des Philosophes des Lumières, des amours libertins, des voyages en carrosses et de la féerie de la cour de Versailles, qui fait tourner la tête aux jeunes filles et où l'étiquette et le "quand dira t'on" règnent en maître.

 

La sélection:

En premier lieu, il faut savoir que n'est pas admise au couvent qui veut. Plus un établissement est côté, et plus les critères de sélections sont élevés.

Ils sont en général basés sur la santé des futures pensionnaires ainsi que, bien entendu, sur la richesse et le rang de leurs familles: la santé car aucune institution ne souhaite voir ses classes décimées par une épidémie et la richesse pour une question de prestige évidente. La fourchette des tarifs pratiqués dans ces établissements varie plus ou moins de 100 à 1000 livres par ans et reflète la différence entre ceux qui accueillent les filles de Nobles riches et ceux qui reçoivent des filles de plus basses extractions. Il y a un grand fossé entre des couvents comme celui de Ste Anne dont les tarifs oscillent entre 250 et 450 livres et où les filles sont logées dans des dortoirs de 30 lits et ceux comme celui de l'Abbaye de Panthemont où les tarifs vont de 600 à 1000 livres et dont les pensionnaires possèdent leur propre chambre ainsi qu'une domesticité particulière. Dans les couvents où l'on accepte des filles riches et pauvres, on prend bien soin de ne pas les mélanger: leur emploi du temps est fait de manière à ce qu'elles ne puissent jamais se rencontrer afin ne pas susciter de jalousies et que chaque "type" de clientèle ait l'impression d'y être seule.

 

Costumes et uniformes:

Les pensionnats aux effectifs nombreux sont ceux dans lesquels les uniformes sont le plus souvent imposés. Leur coupe et leur couleur varie énormément d'un établissement à l'autre. Ils ont toutefois en commun de devoir couvrir toutes les parties du corps. Les pensionnaires du couvent Ste Elisabeth portent un habit noir tout simple. Celles de Notre Dame un costume bleu quand à celles de Maison Royale, elles portent des robes de cour de couleur noires, mais sont entièrement vêtues de blanc lorsqu'elle rentrent chez leurs parents. A St Joseph, on porte des robes de couleur différentes de celles des soeurs, mais taillées de la même manière.

A Port Royal, les pensionnaires sont libres de se vêtir à leur convenance à condition que les habits portés soient simples et dépouillés de tout ornements. Il existait néanmoins un costume fait d'un fourreau de serge blanche à queue traînante, à manches courtes qui laissait le cou découvert. Un voile blanc était posé sur les cheveux. Les soeurs, elles, portent un habit blanc, mais au XVIIIème siècle, il est remplacé par l'habit noir, moins sayant, mais moins salissant. Dans la plupart des cas, les jeunes filles se devaient de prendre soin de leurs affaires: cet entretient faisait parti de l'enseignement dispensé, y compris pour les demoiselle de sang noble.

La coquetterie était plutôt mal vue voire même combattue: les miroirs étaient en général interdits et il était demandé aux pensionnaires de s'habiller et se déshabiller le plus vite possible afin d'éviter toute indécence ou incitation au narcissisme. En réalité, le froid qui reignait dans les dortoirs mal chauffés obligeaient les filles à se déshabiller très rapidement pour ne pas geler sur place.

 

Exemple de St Cyr:

Crée en 1692 par Mme de Maintenon, cet établissement était destiné à accueillir les filles de l'aristocratie pauvre. Chose interdite dans les maisons ordinaires, les filles portaient du linge empesé et des gants. L'uniforme des pensionnaires était simple mais n'avait rien de religieux: un corset, une jupe et un tablier noir, le tout noué par des rubans dont la couleur variait selon les classes: rouge pour les mons de 10 ans, vert pour les 11-14 ans, jaune jusqu'à 17 ans et bleu pour les plus grandes. Un bonnet rond laissant voir les cheveux complétait le costume. Les filles étaient élevées en futures femmes du monde, elles apprenaient l'aisance et l'élégance des manières, l'art de la conversation et la correspondance. Mais à la suite de certains débordements, le règlement changea radicalement et devint très strict. Les jeunes filles ne purent alors recevoir que deux heures de visites dans l'année avec interdiction de sortir; Les pensionnaires furent traitées de façon spartiates: nourriture simple, lits durs, salles non chauffées, silence absolu avec quand même trois heures de libertés par jour.

 

La hiérarchie:

Elle repose sur une structure familiale: tout en haut, il y a la mère supérieure:

-La Mère Supèrieure est le chef spirituel et temporel de l'institut. Elle porte une bague au doigt et possède une crosse comme les évêques: ce sont les symboles de l'autorité spirituelle. Lorsque l'on s'adresse à elle, c'est avec un genoux à terre. Quand elle réprimande, on est a genoux, les mains jointes et les yeux baissés. Son autorité s'étend sur tout le personnel y compris les jardiniers, les cochers, les domestiques quand il y en a. Les rois de France avaient le droit de nommer les abbesses de France. Mais dans les monastères non érigés en abbaye, elles étaient élues tous les trois ans à bulletins secrets. Dans les abbayes, elles étaient nommées à vie. Elle possède un logement particulier appelé "Palais abbatial" mais il arrivait parfois qu'elle vive en dehors de la communauté, ne venant que pour les offices et déléguant son autorité à la Prieure.

-La Prieure: c'est le lieutenant de la Mère supérieure. Elle prend soin de sa santé, transmet ses ordres, vérifie qu'ils sont exécutes, et l'informe de tout ce qu'il se passe. C'est une sorte de surveillante générale chargée de maintenir l'ordre et la discipline, de visiter les dortoirs et les lieux de travail. Elle est aussi la confidente des soeurs et leur sert de médiateur devant la supèrieure.Elle est elle même secondée par des sous-prieures.

-Maîtresses des novices/pensionnaires: religieuses d’expériences rompues à la règle et aidées par des sous-maîtresses. Elles s'occupent des novices ou des jeunes filles pensionnaires. Elles les instruisent et sont responsables d'elles.

-La Portière: responsable de l'entrée du couvent et de l’accueil des fournisseurs.

-La Tourière: responsable de la réception des visiteurs au parloir.

-La Cellière: intendante qui s'occupe de l'administration.

-La Dépositaire: s'occupe des provisions et garde en dépôt les objets nécessaires à la vie quotidienne, fait les comptes et conserve les archives du couvents.

-La Boursière: établit les commandes et reçoit de la dépositaire l'argent nécessaire pour payer les fournisseurs

-La Sacristine: entretient les objets du culte et range l'église.

-La Soeur infirmière: elle peut avoir plusieurs aides. Elle veille sur l'infirmerie et s'occupe des malades, confectionne des médicaments, etc...

-L’Officière des chambres: responsable de la collecte du linge sale, de son lavage et de sa redistribution.

-La Chantre: dirige les chants dans l'église.

-La lectrice: lit des textes durant le repas. En général, ce rôle est donné à une élève.

-L'Ausculatrice: elle écoute les conversations au parloir et vérifie que rien de compromettant n'est dit sur l'établissement. Elle se doit aussi de vérifier si aucun message ou billet n'est échangé avec les visiteurs.

-L'Hospitalière: a pour rôle de recevoir les hôtes.

-La Bibiliothequaire veille sur les livres.

-La Semainière s'occupe des tables et des accessoires du réfectoire.

Etc...

Les soeurs ayant les obédiences les plus importantes comme Prieure, maîtresses des novices,etc...sont appelées les "Discrètes". Elles se réunissent en chapitre à la demande de la supérieure pour la conseiller.

 

Vie et emploi du temps:

Les emploi du temps sont variables d'un établissement à l'autre mais se ressemblent tous plus ou moins. Pour plus de clarté, voici un exemple parmi d'autres: l'emploi du temps au couvent Ste Anne:

Les pensionnaires se lèvent à 5h00 en été et 6h00 voire 6h30 en hiver, lorsqu'il fait très froid.

A 6h45, elles sont habillées et vont en classe pour des prières.

La toilette et ensuite rapidement expédiée: les filles se coiffent entre elles pour gagner du temps.

A 7h00, elles vont à la chapelle.

A 8h00, elles déjeunent dans le réfectoire.

8h30: Elles sont en classe pour commencer leurs leçons ou leurs ouvrages.

A 11h00, elles se rendent au réfectoire pour manger. Lune d'entre elle fait la lecture aux autres pendant qu'elles mangent. Celles qui sont punies mangent par terre ou à la porte.

12h15: après une courte récréation, elles retournent en classe jusqu'à 15h00.

15h00: prières de Vêpres.

15h30: retour en classe pour les leçons jusqu'à 16h00 en hiver et 17h00 en été.

16h00 (ou 17h00): leçon de catéchisme pour les plus jeunes. Activités diverses pour les autres, après quoi on effectue les prières ce Complies.

17h30: repas du soir avec à nouveau lecture suivie d'une courte récréation.

18h30: prières de Laudes et Matines (en général c'est bien plus tard, mais elles sont avancées pour ne pas faire veiller les pensionnaires).

A 20h00, tout le monde est couché.

 

L'enseignement:

Malgré leurs ambitions intellectuelles, les religieuses n'avaient pas toujours des connaissances très étendues: elles recevaient une formation pratique et théorique durant sept ans mais qui n'était pas toujours adaptée au rôle d'enseignantes.

Comme on se méfie de la nature féminine (on se demande bien pourquoi d'ailleurs ?), les couvents appliquent certain principes avec une rigueur accrue: les religieuses tentent donc d'inculquer aux jeunes filles l’obéissance, l'humilité, la soumission, la crainte de l'autorité et essaye d’effacer chez elles les traits de caractère trop saillants et à réprimer l'instinct sous toutes ses formes.

On a peur d'instruire les filles car on craint que la lecture de littérature romanesque enflamme leur imagination, les sciences parcequ'elles font naître la curiosité et les arts parcequ'ils parlent directement aux sens.

L’éducation religieuse prenait le pas sur l'éducation de toutes les autres matières.

Contrairement aux garçons, le système réservé aux filles étaient archaïque et limité aux connaissances les plus élémentaires: tous les jours avait lieu pour les plus jeunes une leçon d'écriture et de lecture. On enseignait aussi l'orthographe et le calcul.

Lorsqu'elles étaient plus âgées, on leur apprenait à écrire dans un style élégant et clair, à établir des comptes ou des quittances.

A cela s'ajoute des leçons de politesse, de bonnes manières, de coutures, et de travaux ménagers. Certains couvents, les plus aristocratiques, possédaient des programmes étendus: Latin, Poésie, Histoire, Géographie.

La danse était mal vue car elle obligeait les jeunes filles à avoir des contacts physiques les unes avec les autres. Même anodins, ces contacts étaient le plus possible évités et parfois sévèrement punis.

L'étude quotidienne du chant choral faisait souvent parti de l'emploi du temps. Les plus douées apprenaient à jouer d'un instrument, le plus souvent de l'orgue ou de la harpe.

Les filles apprenaient aussi à marcher dignement en assurant un maintient effacé tout en gardant leur sérieux. On les incitait à parler sans hausser le ton.

L'importance accordée à l'acquisition des bonnes manières en dit long sur l'abandon dans lequel on laissait les filles, même dans les meilleures familles: il n'était pas rare que des jeunes filles de 16 ou 17 ans soient rappelées à l'ordre pour avoir parlé la bouche pleine ou avoir mit les coudes sur la table...Incroyable !

 

Discipline et punitions:

La discipline et les punitions qui accompagnent son non respect dépendent là aussi de l'établissement en question.

Dans le couvent de Port Royal où l'on considère que "les filles portent le mal en elles", la discipline est extrêmement dure: il est interdit aux pensionnaires de parler des nouvelles qu'elles reçoivent de l’extérieur, des soeurs, des autres pensionnaires, de leurs punitions...

Elles n'ont pas le droit de se toucher ni d'avoir aucune familiarité entre elles, de courir, ou de faire preuve d’agressivité. L'hygiène corporelle est négligée pour éviter le plus possible tout contact avec son propre corps. Le courrier que reçoivent les filles est sérieusement contrôlé. Si l'une d'elle recevait trop de lettres, on les lui brûlait devant elle sans même les ouvrir. Elle devaient se déshabiller dans le noir et à toute vitesse en présence de surveillantes très strictes.

Dans tous les couvents avaient lieu, deux fois par semaine le "Chapitre des Coulpes": la communauté entière défilait alors devant la mère supérieure. Les soeurs "Zélatrices" dénonçaient les fautes commises par les unes et par les autres. Les filles n'avaient ni le droit de répondre ni celui de s'expliquer. Elles devaient écouter en silence, les yeux au sol; Ces fautes devaient avoir été publiques, sinon, elles étaient avouées en confession. Les punitions avaient pour but d'humilier la coupable.

Le châtiment encouru variait suivant la faute:

-1ère coulpe: fautes légères: négligence ou maladresse: se tromper en chantant, arriver en retard au réfectoire, casser un objet, faire du bruit, etc...: punitions légères comme récitation de prières

-2ème coulpe: Distraction pendant les offices, commencer à manger sans dire le Bénédicité, s'absenter d'une activité ou d'une leçon sans raisons...Punition: prières, prosternations et coups de disciplines.

-3ème coulpe: Fautes graves: manque de discipline, envoyer et recevoir des lettres en secret...Punition: jeune au pain et à l'eau, coups de discipline plus nombreux et plus douloureux.

-4ème coulpe: fautes très graves: frapper quelqu'un, désobéir à un supérieur, blasphémer, atteindre à la chasteté, s'enfuir du couvent...Punition: manger par terre au réfectoire, demeurer prostré à la porte de la chapelle pendant les offices, rester enfermé dans la "cellule" du couvent (une petite pièce dont c'était l'usage) et bien entendu, nombreux coups de discipline.

Pour ce qui est des coups, on ne les utilisait réellement que lorsque les autres sanctions restaient sans effets. Ce châtiment n'était utilisé qu'avec modération. On l'administrait à huis clos pour les soeurs, ou devant la classe pour les pensionnaires. Si la victime était réticente, les coups redoublaient. Ensuite, elle devait demander pardon pour ses fautes. Les plus âgées ne subissaient que très rarement ce genre de punition, car on craignait une certaine accoutumance de leur part ( quoi que personnellement j'ai un doute: je veux bien croire qu'il existait des filles un peu masos, mais il y a des limites...).

Quoi qu'il en soit, la discipline avait pour but de former des jeunes filles qui soient le reflet de l'instruction et de la bonne éducation qu'elles recevaient: la réputation d'un établissement aurait patti du mauvais comportement de ses élèves.

Lors des visites au parloir, un soeur écoutait les conversations afin de vérifier que les pensionnaires ne racontent pas n'importe quoi ou aient un comportement choquant ou scandaleux vis à vis de des gens venus leur rendre visite.

Une bonne école ne laissait pas un instant ses écolières sans surveillance, surtout lorsqu'il y avait une "intrusion" extérieure: quand des gens venaient dans l'établissement, l'encadrement des élèves était plus strict que jamais.

Les surveillantes avaient à l'oeil tous les gestes de leurs pensionnaires et vérifiaient qu'on ne leur donne pas de lettres ou de billets doux en cachette.

 

Aménagement des couvents:

En général, les couvents possédaient un corps de logis destiné aux pensionnaires entièrement séparés de celui des religieuses. On y trouvait les chambres (ou les dortoirs), les salles de classe et de musique, une bibliothèque, une infirmerie, un réfectoire, une cour et souvent un jardin ainsi qu'un potager.

Il y avait aussi deux parloirs pour recevoir les visiteurs, un confessionnal particulier et bien entendu une chapelle.

Le confort dépendait de la richesse des pensionnaires:

Les établissements pauvres ou destinés aux élèves issues de la bourgeoisie ne possédaient que peu ou pas d'ornements sur les murs ou aux fenêtres. Les locaux n'étaient pas chauffés (pas de cheminées) et l'eau était puisée dans un puits ou à une fontaine situés dans la cour.

Au contraire, dans les couvents plus côtés, destiné aux demoiselles nobles, on pouvait trouver des dortoirs chauffés où de petites fontaines permettaient d'avoir l'eau dans des chambres individuelles, sans oublier une domesticité attachée à chaque pensionnaire, ou du moins les plus fortunées.

Au sélect Calvaire, à Paris, il était d'usage de s'attacher les soins d'une femme de chambre (400 livres/an), avec appartement privés (200 livres/an).

-Chambre type pour un couvent de standing moyen : on y trouvait un lit (qualité variant de moyenne à médiocre), un prie dieu, une tablette pour poser quelques livres, une chaise de paille et une table. Les lits étaient faits de planches sur lesquelles on avait posé une paillasse recouverte de draps, et de deux couvertures en hiver. La décoration était soit inexistante, soit composée d'images saintes.

-Les réfectoires étaient de grandes salles avec de longues tables en bois et quelques buffets. Les murs y étaient nus ou habillés de boiseries, et le carrelage remplaçait la pierre dans les établissements les plus huppés.

-L'état de l'infirmerie dépendait là aussi de la richesse du couvent: cela variait d'un simple local obscur et mal équipé à des chambres individuelles chauffées et bien pourvues en médicaments (de l'époque...).

 

Fêtes et cérémonies:

La vie dans les couvents n'était pas aussi austère qu'on ne le pense au premier abord.

Des temps libres permettaient aux pensionnaires de se détendre durant la journée mais elles étaient constamment surveillées durant ces "courtes récréations". Les jeux de cartes ou de dés étaient interdits, ainsi que les chansons profanes, les déguisements et les gestes déplacés.

Mais dans le pensionnat mondain de l'Abbaye-au-Bois, toutes les occasions étaient bonnes pour se divertir: fêtes, admissions de nouvelles élèves ou mariage de pensionnaires. Des représentations théâtrales y avaient souvent lieu ainsi que des bals ! (chose assez rare pour être signalée)

Dans celui de Notre Dame de Sion, les rôles des soeurs et des pensionnaires étaient inversés durant la fête annuelle des Saints innocents, ce qui provoquait un défoulement total pour tout le monde et une pagaille inhabituelle pour ce genre de lieu.

 

Activités annexes:

L'éducation de pensionnaires n'était pas toujours le seul revenu des couvents. Il n'était pas rare que ceux-ci louent des chambres à des femmes qui le dédiraient et qui avaient les moyens de se l'offrir. En général, ces femmes désiraient pour des raisons diverses (secrètes ?) de se retirer à l'écart du monde. En fait, la vie était difficile pour une jeune femme seule: cela permettait une certaine indépendance en mettant sa réputation à l'abris. Les orphelines, les célibataires, les veuves y trouvaient une liberté dont elles n'auraient pas pu profiter en restant sous la tutelle de leur famille. Les couvents vendaient aussi toute sorte de produits fabriqués sur place: napperons, confitures, médicaments, etc... Un potager permettait d'avoir des légumes frais, ce qui n’empêchait pas d'éventuels échanges avec la population de la région.

Intérêt de l'utilisation d'un couvent comme cadre ou point de départ d'une partie:

Les romans ont exagéré ce qu'il se passait réellement dans ces établissements: des soeurs ou des pensionnaires abandonnées y pleurant leurs amants volages, des supérieures perverses séduisant ou martyrisant d’innocentes jeunes filles, des jeunes gens hardis s'y introduisant à minuit pour enlever leur maîtresses,etc...

Rien n'empeche toutefois de s'inspirer de ce genre de légendes.

Trois points peuvent peuvent facilement venir à l'esprit pour servir de trames pour des scénarii, le mieux étant de parvenir à les concilier ensemble:

Il s'agit en premier lieu des petites histoires et intrigues amoureuses qui peuvent se nouer et donner lieu à des fugues, des enlèvements, des échanges de lettres. Une locataire, une soeur ou une pensionnaire peut cacher un lourd ou terrible secret, avoir des problèmes psychiques,etc...: classique !

Le second point à attrait aux intrigues politiques: comme nous l'avons déjà signalé, les couvents étaient parfois visité par des personnages de haut rang, soit parcequ'ils y avaient un pied à terre en tant que fondateur ou soutient financier de l'établissement, soit parcequ'ils faisaient parti de la famille royale.

Ces lieux à l'abris des curieux sont idéals à la préparation d'un complot ou de tout autre plan ou projet bizarre et machiavélique: imaginez des PJ se retrouvant par hasard ou par erreur en possession de documents confidentiels ou qu'ils entendent ou voient quelques chose dont ils n'auraient jamais dû être témoins ?

Le troisième point à attrait à l'histoire: des périodes très troublées comme les guerres ou la révolution de 1789 ne peuvent être que propices aux déclenchements d'aventures rocambolesques.

Les XVIIème et XVIII ème siècles sont hauts en couleurs et riches en événements historiques très divers.

La France n'est d'ailleurs pas le seul pays à pouvoir servir de cadre de jeu: la Prusse de Frederick II ou la Russie de Catherine la grande sont toutes aussi intéressantes et peuvent donner lieu à des scénarii qui donneront du fil à retordre à de tendres jeunes filles intrépides.

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